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#1 16-03-2007 15:09:41

nekki
Member
Date d'inscription: 11-03-2005
Messages: 39

Zimu dans passerelles

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Zimou

« Tout m'inspire des maux puis des mots »

Entretien réalisé par Rabah Ticilia       
           

Tes débuts dans la chanson ?

Contrairement aux grands artistes, je n'ai pas eu la chance de débuter avec une guitare confectionnée avec des bidons d'huile parce qu'il faut dire que c'est beaucoup plus touchant de répondre à la question ainsi … Alors contrairement aux autres, tout a commencé pour moi lorsque mes doigts se sont posés sur une guitare Gianini « ww » flambant neuve, ramenée par mon frère Mohwelhadj de Marseille. C'est lui d'ailleurs qui m'a appris l'élémentaire pour pouvoir m'en servir par la suite.  Les chansons sont venues toutes seules. Je crois évidemment que ma timidité, mon caractère réservé, l'orientation de mes goûts en musique et en poésie … ont préparé le terrain. Les choses se sont précipitées alors avec  un album mort-né « ajedjig n tsusmi » en 1996, puis « Salupri » en 2001, et Maâlic tant-pis en 2005. 

Tu viens de donner ton premier grand spectacle à la radio. Est-ce le prélude à d'autres représentations ?

Il faut avouer que je ne suis pas vraiment « un chanteur pratiquant » c'est-à-dire que je ne fais pas de scène. Mais le spectacle de la radio était une bonne expérience. J'avais le trac au début, lors de la première chanson, mais, le geste inoubliable de Lounis Aït Menguellet qui m'a aidé à m'installer pour me mettre à l'aise et donner ce que j'avais dans les tripes, lors de mon deuxième passage, m'a encouragé. Le public d'ailleurs a bien suivi le reste de ma prestation. Je ne sais pas si les spectateurs ont eu le même sentiment mais j'ai interprété le geste de Lounis comme une sorte d'invitation adressée au public pour écouter mes chansons. Et pour les chanteurs maudits, comme moi, qui font, des chansons qui s'écoutent, un moment pareil est inoubliable. Il y aura d'autres galas j'espère.

Tu viens de boucler ton 3ème album, peux-tu nous en parler, et éventuellement de la date de sa sortie?

Le troisième est fin prêt . Un grand merci à mes amis particulièrement  à Samir Sebbane qui a mis tout son génie pour donner une âme musicale aux chansons. Il y aura en tout une douzaine. L'album s'intitule Apipri kan. Il y aura une adaptation d'Ameziane Kezzar Siwan d'après « Le parapluie » de Brassens. J'ai aussi tenté deux adaptations : il s'agit de  Aberrani d'après « le Métèque » de Georges Moustaki et de Mumu, D'après « Chanson pour Pierrot » de Renaud.  Apipri kan est une sorte de poésie d'un romantique maladroit mais amoureux sincère… Ughal-d kan, amutur n Peugeot, winn-a yettrajun… des chansonnettes qui racontent des histoires de la vie ordinaire etc. L'album sortira, si tout va bien, début avril. A ce propos, merci à Arezki Azouz qui s'est improvisé en manager.

L'un des atouts de Zimu c'est l'originalité du verbe et de la thématique. D'où te proviennent tes inspirations alors que tu es loin du pays?

Mon inspiration est souvent hasardeuse même si j'ai conscience  que mon environnement politique et socioculturel pèse de tout son poids dans le choix de mes thématiques … Tout m'inspire des maux puis des mots.

Concernant mon éloignement, je crois que même si je ne prends plus mon crème-croissant au Moka, il est beaucoup plus présent en moi dans mes souvenirs que quand j'avais l'occasion de le visiter quotidiennement dans les années 1990.

Quelles sont les difficultés que rencontre un artiste Algérien (kabyle) en France?   

Je n'ai pas d'ambitions pour faire une carrière « internationale » ; de ce fait, ma réponse sera donc incomplète. Mais selon mon observation je crois que pour réussir un artiste  devrait convaincre un producteur d'investir de l'argent pour le promouvoir. Or, les producteurs sont, avant tout, des hommes d'affaires qui investissent de l'argent pour en gagner plus. Nos artistes kabyles, pour l'instant, en majorité, se contentent de participer aux galas organisés spécialement pour notre communauté en attendant de trouver des vrais producteurs qui investiront de l'argent pour lancer leurs carrières. Mais, une chanson, comme la mienne, n'a pas vraiment beaucoup d'atouts pour s'implanter même au sein de notre communauté. Notre communauté aime faire la fête, aime danser, adore la chanson-nostalgie … et la chanson que je pratique n'entre pas malheureusement dans ce moule.

La note d'Aït Menguellet

En regardant ce matin ma guitare, j'ai cru apercevoir l'espace d'un instant, la fille idéale sortir d'entre deux cordes et j'ai compris que c'est une chanson de Zimu qui a stimulé mon imagination. Zimu, ce chanteur aux chansons légères lourdes de sens. En l'écoutant, quel chanteur d'hier ou d'aujourd'hui ne se sentirait touché par cet artiste de demain rendu muet par l'hostilité d'un environnement imbécile ? A quel Brirouche n'a-t-il pas mis un peu de baume au cœur ? Même le doux boulet d'une amitié sincère n'est pas oublié en passant par ces laissés pour compte de sans papiers pour finir par un hommage à Mohand-Ouyahia d'une sincérité digne du personnage évoqué. Mes propos sont incohérents ? Ecoutez Zimu et ils vous apparaîtront clairs, car même Si maâliche tant pis, Zimu, l'air de rien, nous apporte beaucoup.

Hors ligne

 

16-03-2007 15:09:41

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