Paroles de : Anef Imime sur musiquekabyle.com
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Refrain :
Laisse dormir ton petit
Jusqu’au lever du jour.
Berce-le sans répit
Un jour, il fera jour.
Il fera jour !
Tu parles !
C’est ce qu’on dit,
Takfarinas !
Ce lever du jour,
Nous l’attendons depuis si longtemps !
Nous dormons d’un sommeil profond
Et attendons
Celui qui, peut être un jour
Viendra lever pour nous
Le jour.
Jamais, au grand jamais
Nous ne perdrons espoir
En notre lever du jour.
Tels des geais, nous crierons.
Nous crierons si fort
Que nous nous égosillerons.
Mais à notre appel
Répondront les balles.
Qu’importe !
Nous continuerons d’espérer
Même si les jours deviennent des années.
Même si les siècles se suivent indéfiniment
Nous attendrons.
Qui sait jusqu’à quand ?
Pourtant, ce ne sont pas les moyens qui nous manquent.
Nous pourrions nous en sortir…
Mais à quoi servent les moyens
Pour qui ne sait s’en servir ?
Je m’adresse à vous, hommes de valeur :
Ne restons pas les bras croisés !
Mettons nous au labeur !
Il faut se lever pour voir,
Courir pour avoir
Sinon, on a rien.
Il faut me croire.
Rien pour rien !
Je jure et jamais ne parjurerai,
Que ceux qui ne font rien
N’auront rien !
Qu’ils bougent ! Qu’ils travaillent !
Si je parjurais,
J’aurais menti.
Or, toute vie bâtie sur le mensonge
S’écroule quand la vérité éclate.
Ce n’est ni ta faute, ni la mienne.
Le destin l’a ainsi voulu.
Et pour tous ceux que la vie malmène,
C’est le sort qui en a décidé.
Refrain
- Mais bien sûr que non,
Mon pauvre Takfarinas !
Voyons, tu n’as rien compris !
Il y a des domaines où nous nous en sortons !
Nous bougeons et faisons des progrès :
Notre pays est civilisé,
Notre peuple modernisé…
Oh lala !
Si tu voyais la Kabylie,
Depuis que règnent le calme et la sécurité :
Les cabarets poussent comme de la mauvaise herbe.
Et l’homme libre dont tu te glorifies,
Confondant débauche et liberté,
Y entraîne les jeunes filles de bonne famille,
Eblouies par la modernité.
- Sans blague ! C’est vrai ?
- Et comment ! Bien sûr que c’est vrai !
Je jure,
Au nom de ceux qui nous caressent dans le sens du poil,
Que les investissements dont on nous parle
Ne sont pas destinés au développement de notre pays.
Au contraire,
Ces investissements servent à la culture de la nullité et de notre ignorance.
On investit dans les bars,
Et ça marche, mon gaillard !
On se noie dans l’alcool du matin au soir,
Pour ne pas réfléchir, ni même émerger…
Ca marche tant et si bien,
Qu’un nouveau projet a vu le jour.
Il paraît que le barrage de Wad Aisi
Subira des travaux
Pour nous abreuver de bière !
Ainsi, l’ivresse sera assurée
Jour et nuit
Et tous nos problèmes résolus…
Sûrement !
Tous résolus !
Entre frères, règne la méfiance.
Tous se regardent en chiens de faïence,
Et l’on promet au pauvre démuni
L’espoir d’un lendemain qui luît.
Le ventre crie famine
Et jure de se révolter.
Mais sitôt rassasié,
Il en oublie jusqu’à l’ennemi…
De nos problèmes,
On n’en peut plus !
Surtout ceux qui entravent Tamazight.
Tamazight que nous chérissons tant !
Ah ! Si tu pouvais aller t’en rendre compte sur place
Tu verrais à quel point nous sommes organisés.
Le peuple entier s’est mobilisé
Les nantis, par l’argent
Les savants, par leur savoir…
Quant aux plus démunis
Eux, donnent leurs bras.
Les parents ne cessent de conseiller leurs enfants :
- Enfants chéris,
Ne vous lassez pas d’apprendre
Cherchez le savoir
Dussiez-vous pour cela aller en Chine !
Dieu même vous y encourage.
Mais…
Attention !
Où que vous alliez,
N’oubliez pas vote langue : Tamazight
Car c’est elle votre essence, votre raison d’être…
Notre désir d’apprendre Tamazight est telle
Que 3000 écoles ont été bâties.
Les classes y sont tellement bondées
Qu’on n’y trouve même plus où poser pied…
- Tu vois ?
Vois comme le peuple bouge,
Regarde !
S’il ne peut arracher Tamazight
Il aura tout au moins arraché la liberté…
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